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Escher à Paris : quand les mathématiques deviennent magie visuelle

À la Monnaie de Paris, l’œuvre de Maurits Cornelis Escher se déploie comme une chambre d’algorithmes visuels où rigueur mathématique et illusion poétique cohabitent. Escher n’était pas mathématicien au sens académique du terme, mais son travail exploite avec une précision remarquable des principes géométriques simples – répétition, rotation, réflexion – pour produire des images qui semblent défier les lois de l’espace.

Ses pavages, ses symétries inversées et ses lithographies à perspectivités conflictuelles donnent naissance à un univers où l’œil se perd volontairement. La scénographie, dirigée par Jean-Hubert Martin et Federico Giudiceandrea, met en évidence cette porosité entre rigueur scientifique et mystère visuel. Des premiers essais italiens jusqu’au célèbre labyrinthe de Relativité, le parcours se lit comme un manuel de topologie qui aurait pris place dans un cabinet de curiosités.

Un parcours immersif et pédagogique

L’exposition se déploie en plusieurs modules interactifs. Le visiteur est invité à manipuler des pavages, à comprendre la transformation progressive des formes et à expérimenter des constructions tridimensionnelles. L’objectif n’est pas seulement contemplatif : il s’agit d’entrer dans la logique interne de l’œuvre.

Des pièces rarement montrées, comme des dessins de billets de banque et des projets commémoratifs jamais mis en circulation, rappellent l’intérêt d’Escher pour un art appliqué où le beau et l’ingénieux se rejoignent.

Une influence durable

Graphistes, architectes, designers, développeurs de jeux vidéo ou enseignants en mathématiques continuent de s’inspirer de son œuvre. Main avec sphère réfléchissante ou Métamorphose II restent des matrices graphiques d’une modernité intacte. À travers cette exposition, la Monnaie de Paris ne se contente pas d’exposer : elle transmet.