La MCJP remet en lumière l’œuvre d’Isao Takahata, réalisateur qui a appris à plusieurs générations que l’animation pouvait être un outil de lucidité émotionnelle. L’exposition retrace un parcours fait de rigueur industrielle, de recherche formelle et d’une attention constante à l’empathie.
Du studio à la tendresse industrielle
Les premières salles reviennent sur les années Toei et les productions télévisuelles. Sous la cadence de la production de masse, Takahata introduit déjà une exigence rare : traiter l’enfant comme un adulte en devenir. Storyboards griffonnés, celluloïds jaunis et documents de production révèlent une économie du geste et une précision psychologique souvent invisibles à l’écran.
Trahir l’innocence sans renoncer à l’amour
Le Tombeau des lucioles demeure une œuvre charnière, rappelant que l’animation peut porter la violence du réel sans artifice. À l’opposé, Le Conte de la princesse Kaguya marque une audace esthétique majeure avec son aquarelle numérique, tentative de faire entrer la fragilité picturale dans les circuits numériques contemporains.
L’exposition n’édulcore rien : elle révèle un artisan exigeant, convaincu que l’émotion est un travail sérieux.
Informations pratiques
- Dates : 15 octobre 2025 → 24 janvier 2026
- Prêts : Studio Ghibli, archives privées, collections japonaises







